Le mois d’avril sonne enfin le réveil de la nature : les journées s’allongent, les températures s’adoucissent et l’herbe fraîche pointe le bout de son nez. Pour nos adorables boules de poils, le printemps représente une saison pleine d’excitation, mais aussi de petites épreuves physiologiques. Entre la mue saisonnière, l’envie d’explorer le jardin et les bouleversements digestifs liés aux nouvelles pousses vertes, nos petits compagnons ont besoin d’une attention toute particulière de la part de leur famille humaine.
La grande mue printanière : protéger le transit
Dès les premiers radoucissements d’avril, le lapin troque son épais manteau d’hiver contre une fourrure d’été beaucoup plus légère. Cette mue saisonnière peut être impressionnante : de grosses touffes de poils se détachent par poignées, laissant parfois des motifs amusants sur le pelage de votre compagnon. Cependant, cet épisode n’est pas sans danger.
Le lapin fait sa toilette quotidiennement et avale d’importantes quantités de poils. Contrairement au chat, le lapin est incapable de vomir. Si ces poils s’accumulent dans l’estomac, ils forment des trichobézoards (boules de poils) risquant de bloquer le transit intestinal, ce qui constitue une urgence vétérinaire vitale.
- Le brossage quotidien : munissez-vous d’une brosse adaptée (brosse à picots souples ou peigne fin) et massez délicatement votre compagnon avec des gants en caoutchouc humide pour retirer le poil mort.
- Le foin à volonté : les fibres longues sont indispensables pour stimuler la motricité intestinale et pousser les poils ingérés vers la sortie.
- L’hydratation renforcée : proposez une eau fraîche renouvelée quotidiennement dans une écuelle plutôt qu’au biberon, car les lapins boivent plus facilement et plus abondamment au bol.
Sorties au jardin et herbe fraîche : attention à la gourmandise
Le mois d’avril donne envie d’offrir à son lapin ses premières sorties sur le gazon. Si l’herbe fraîche regorge de vitamines, elle peut provoquer de graves diarrhées ou des ballonnements douloureux si elle est introduite trop brutalement. L’herbe jeune du printemps est particulièrement riche en eau et en sucres solubles, ce qui déséquilibre facilement la flore cæcale.
Pour éviter les désagréments digestifs, procédez par étapes très progressives : commencez par cueillir quelques brins d’herbe propre (sans pesticides ni déjections de carnivores) pour les lui donner à la main après son repas de foin. Augmentez la quantité sur deux à trois semaines avant de l’autoriser à brouter lui-même dans un enclos sécurisé. Vérifiez également qu’aucune plante toxique printanière, telle que la jonquille, le muguet ou la renoncule, ne soit à portée de ses quenottes.
La prévention santé printanière
Le retour de la chaleur s’accompagne de l’arrivée des moustiques, tiques et puces, vecteurs majeurs de maladies redoutables pour le lapin, notamment la myxomatose et le virus hémorragique (VHD sous ses variants 1 et 2). Avril est le moment idéal pour faire le point sur le carnet de santé de votre petit animal et programmer son rappel de vaccin chez votre vétérinaire spécialisé dans les nouveaux animaux de compagnie (NAC).
Pensez aussi à inspecter son arrière-train régulièrement. Les crottes collées au pelage combinées aux premières chaleurs attirent les mouches vertes, pouvant causer des myiases fulgurantes. Gardez son habitat et son bac à litière impeccablement propres.
L’énergie printanière : stimuler et éduquer
Au printemps, l’horloge biologique tourne à plein régime. Même les lapins stérilisés peuvent se montrer plus remuants, curieux et territoriaux. Offrez-lui des tunnels en osier, des branches de noisetier ou de pommier fraîches à ronger et des tapis de fouille pour canaliser cette joyeuse énergie.
Pour retrouver d’autres thématiques saisonnières et des fiches pratiques, n’hésitez pas à parcourir nos articles de mai 2010 ou à consulter les dossiers thématiques d’avril 2010. Vous pouvez également retrouver l’ensemble des rubriques de LapinLôO via notre plan des ressources et archives.

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